Histoire

L´une des coutumes de notre région, et ce depuis toujours, est d´inclure des jeux de taureaux aux célébrations de toutes sortes, que ce soient des naissances ou des noces royales, des couronnements, des canonisations, des réceptions d´ordres sacrés ou encore des commémorations particulières d´actions de grâces. Bien qu´aucune étude n´ait été menée concernant les fêtes de taureaux à Medina del Campo avant le XVe siècle, nous pouvons supposer que leur implantation date du XIIe ou XIIIe siècle, époque à laquelle la ville a commencé à jouer un rôle important dans la vie officielle castillane. La référence la plus ancienne que nous possédions concernant une fête de taureaux à Medina del Campo date du 20 octobre 1418, jour des noces royales de Juan II et María de Aragón. Nous savons, d´après l´ouvrage qui raconte la vie du monarque ainsi que d´après la Refonte du livre du Fauconnier de Fr. Lope de Barrientos, qu´après la cérémonie nuptiale, « de nombreuses fêtes de taureaux et de jeux de joutes ont eu lieu. De la même époque nous savons que certains commerçants (charcutiers, marchands d´huile, etc.) de Medina del Campo devaient fournir, pour les réjouissances publiques, « onze taureaux par an, selon la volonté des conseillers municipaux de l´époque ».

A partir de cette époque, nous savons qu´il y a eu au moins cinq façons de « faire courir les taureaux » : les taureaux alanceados (frappés à coup de lances) - d´après le témoignage de López Ossorio, dans son livre sur l´histoire de Medina, « lors de fêtes de taureaux, beaucoup d´adresse était nécessaire pour les piquer avec de grosses lances » - les embolados (aux cornes boulées) - on dit que ce fut ici, à Medina, que la reine Isabelle la Catholique a ordonné l´utilisation de poches de cuir sur les cornes des taureaux, après avoir été témoin de la mort de deux hommes, tués par un taureau sur la Plaza Mayor - les enmaromados ou ensogados (taureaux attachés par les cornes à une corde) - c´est ainsi qu´ils coururent lors de la visite à Medina de Felipe II, en 1559 - les albardados et encohetados (avec des hallebardes et de petites fusées) - cette « suerte » fut courue en 1601 pour commémorer une naissance royale. Et, naturellement, une autre manière de faire courir les taureaux est l´encierro - avec la capea (simulacre de corrida avec une vachette) qui en résulte,dont nous allons parler.