Histoire

Quelques jours avant le début des célébrations des fêtes patronales, la population de Medina se multiplie. Mais lorsque l´heure de l´encierro approche, tout devient différent : les habitants et les visiteurs passent une nuit blanche ou se lèvent à l´aube ; le vacarme peut commencer.

On sonne la diane pour réveiller le public qui, tout de suite après le chocolat et les churros, l´eau de vie ou la soupe à l´ail, ira se positionner pour participer à la fête. Les personnes âgées et les enfants cherchent l´endroit idéal où se placer pour voir l´encierro de la meilleure façon ; d´autres se préparent à la grande course dans les rues de la ville, derrière ou devant les barrières et d´autres encore, à cheval ou à pied, s´installent dans les champs, offrant une palette de couleur et d´odeurs indescriptible, mêlant les tenues des participants aux lances des cavaliers, les mottes de terres aux chaumes récemment moissonnées.

Pendant ce temps, dans un enclos, six taureaux et autant de boufs attendent tranquillement en faisant tintinnabuler leurs clarines jusqu´à ce que les détonations des fusées, annonciatrices de leur libération leur indiquent que quelque chose se passe. A exactement 9h00, après que les trois fusées aient été tirées, les portes de l´enclos s´ouvrent et le bétail est lâché.

L´encierro a commencé. A partir de là, tout peut arriver. Le troupeau peut sortir à toute allure et séparé ou lentement et regroupé mais toujours, il est accompagné d´un grand nombre de personnes, impatientes, qui sont toujours plus près des bêtes. La peur se dissipe, le risque augmente. A champ ouvert, à pied ou à cheval, à tout moment, ils sont susceptibles de recevoir la charge du taureau ; c´est l´émotion de vivre ce moment qui est la plus forte. Le temps défile et l´incertitude et l´émotion des gens qui attendent dans la zone appelée « entonnoir » d´entrée de la ville ou dans les rues commence à se faire sentir. Ils attendent le son de cloche qui leur indiquera si les taureaux se sont échappés ou s´ils arrivent « escortés » par les cavaliers.

L´église de la Colegiata et le château de la Mota se dressent comme témoins exceptionnels. En effet, du haut de ces monuments, on peut apprécier l´encierro qui passe par tous les quartiers qui entourent la ville. Et déjà, le troupeau se divise. Un énorme nuage de poussière indique la situation : on y est presque ; l´encierro est sur le point d´arriver aux portes de Medina del Campo. L´explosion va commencer : dix, vingt, trente mille personnes sont venues assister à l´un des spectacles les plus fascinants qui soient, l´encierro de taureaux de Medina del Campo. Les chevaux montés par des écuyers munis de leur lance en arrêt ont excité les taureaux qui entreprennent une course à toute allure jusqu´aux rues de la ville où le public les attend. Lorsqu´ils arrivent, le public les acclame et les accompagne. Souvent, la peur provoque le raidissement des jambes mais certains jeunes participants sont très courageux et courent à côté ou devant les taureaux dans les rues de Medina et jusqu´à l´arène.

Heureusement, aucune victime n´est encore à déplorer, sauf les traditionnels piétinements, chutes ou bousculades sans gravité.

Le meilleur remède pour oublier les coups qu´on a reçus, c´est d´aller en boire un ! Le vin et la limonade, un bon repas et la fête continue. Le lendemain ou le jour d´après, un autre encierro aura lieu. L´incertitude réapparaîtra, la foule affluera de nouveau, encore plus nombreuse ; car ceux qui ne connaissent pas encore les traditionnels et typiques encierros de Medina auront eu l´occasion de s´entraîner de diverses manières et ils viendront, sans aucun doute et ils seront accueillis à bras ouverts pour participer à un spectacle incomparable : LES TRADITIONNELS ET TYPIQUES ENCIERROS DE MEDINA DEL CAMPO.

D´après la description et les notes de Domingo Nieto Sainz
« Tradicionales y Típicos Encierros ».